Alain Gordon- Gentil : auteur mauricien , entretiens "dans la réalité d'une démocratie qui se délite"
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vendredi 15 août 2025
mercredi 15 février 2023
Alain Gordon-Gentil - Où vont les ombres quand la nuit vient - Editions Hervé Chopin - Bordeaux - 2023
Alain Gordon-Gentil auteur mauricien
Roman : action île Maurice pendant la Seconde guerre mondiale
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Charles Féline habite Vallée des prêtres, avec son père, Eusèbe , qui s'était engagé comme soldat dans les tranchées de Verdun où il a passé quatre ans entre 1914 et 1918. Charles lui, est le surintendant des prisons de Beau- Bassin et Rose-Hill à 500 mètres l'une de l'autre, sous l'autorité du major Chessworth. Dans la première, les Britanniques ont placé environ deux mille juifs arrivés sur deux navires refoulés de Terre sainte pour défaut d'autorisation. Dans l'autre, ils ont placé cinq cent allemands rescapés du naufrage de leur navire, bombardé par les Alliés au large de Madagascar.
Charles est un homme qui cherche avant tout la tranquillité. Il ne se mêle pas des passions politiques et se tient à l'écart des sentiments exaltés. Tout le contraire de son ami d'enfance Delcourt , qui dirige un domaine agricole après des études supérieures en Angleterre, dont l'exaltation et la poésie sont deux constantes de cet être en quête de pureté et d'absolu.
Peu à peu Charles va devoir sortir de sa réserve pour faire face aux évènements. Tout d'abord il doit faire face à des manifestants de Blancs et d'Indiens qui aimeraient bien voir le Allemands gagner la guerre pour chasser les colons Britanniques. Charles n'aime pas les Anglais contrairement à son père qui s'est battu à leur côté. Mais la victoire des Allemands ne ferait pour lui que remplacer des colons par d'autres.
Delcourt tombe follement amoureux de Marika une juive qu'il réussit avec l'aide de son ami Kewal aux puissants appuis politiques, à faire sortir de la prison pour vivre avec elle.
Le père de Charles décède , le major Chessworth est effondré et Charles comprend enfin le lien qui unissait son père au major britannique.
Charles se lie d'amitié avec l'officier allemand Hans Dhennel et de l'autre côté avec Werner Gabrielski de Bratislava . Charles rêve de "construire des ponts sur des rivières asséchées" mais faire se rencontrer ces hommes que tout oppose ne sera pas facile.
Petit à petit , Charles se rend compte que ce qu'il éprouve pour Hans est bien plus fort qu'une simple amitié. Werner apprend par ses contacts en Europe l'existence et l'extension de la Shoah. Il apprend la nouvelle à Charles qui est bouleversé.
Marika va-t-elle résister à l'appel de la Terre sainte, de ses frères martyrisés et rester avec Delcourt?
Charles va-t-il réussir à sauver Hans de la déportation en Ecosse où le renseignement britannique veut l'envoyer pour l'interviewer sur la présence de la kriegsmarine dans l'Océan Indien?
dimanche 1 novembre 2020
Alain Gordon-Gentil - Itinéraire d'un pêcheur d'hommes- Conversations avec Gérard Sullivan - Pamplemousses Editions - Ile Maurice - 2020
Alain Gordon -Gentil : auteur et journaliste mauricien -L'auteur interroge le prêtre Gérard Sullivan , sur ses engagements , sa croyance ...
dimanche 1 mars 2020
mercredi 1 mai 2019
Alain-Gordon Gentil - Les jours inespérés - DVD La compagnie des autres - Ile Maurice - 2018
Alain Gordon- Gentil : auteur, réalisateur, éditeur...mauricien
Une fois n'est pas coutume , voici sur ce site , notre premier DVD. Bien sûr , il ne s'agit pas de littérature mais bel et bien d'histoire. L'histoire de l'île Maurice depuis l'indépendance en 1967 au moment où :
"L'avenir s'annonçait comme une catastrophe, personne n'y croyait. Sauf nous "
Une belle entrevue de l'auteur :
https://www.lepoint.fr/economie/documentaire-les-jours-inesperes-ou-l-incroyable-trajectoire-de-l-ile-maurice-05-03-2019-2298258_28.php
Les premières images s'ouvrent sur les dégâts liés au cyclone Carole, le 28 février 1960. (Au plus fort de la colère de Carol, des vents de 256 km/h sont enregistrés à Port-Louis, 238 à Pamplemousses et 221 à Plaisance. On estime même que les rafales à Quatre-Bornes ont atteint les 280 km/h ! 70 000 maisons sont détruites, 100 000 personnes se retrouvent sans foyer . Le nombre de morts s’élève à 42 et on dénombre plus de 1 700 blessés)…https://www.lexpress.mu/article/257505/cyclones-plus-devastateurs . Le pays est à genoux.
Un rapport économique et social réalisé par deux experts envoyés par le gouvernement de Londres, conclut au début des années soixante sur une image très négative : confrontée à une croissance démographique parmi les plus élevée au monde , sans ressource naturelle d'envergure , l'île semble sans avenir. La population est très divisée sur l'indépendance annoncée en 1967 et gagnée à environ 56% auprès des Britanniques par l'excision imposée des îles Chagos.Le pari des indépendantistes semble fou si l'on s'en tient au fameux rapport cité ci-dessus.
Le film donne la parole a de nombreux témoins (fiers des réussites accomplies), comme ceux cités dans l'article du Point Afrique , en lien ci-dessus.
Plusieurs facteurs de réussite du développement sont mis en avant :
Le rôle de la zone franche initiée par José Poncini est souligné comme fer de lance inespéré du développement,tout comme la volonté de Sir S Ramgoolam de rendre l'éducation et la médecine gratuites afin de démarrer un Etat providence apte à accompagner le développement économique.
Enfin , A Gordon-Gentil n'oublie pas le rôle de Gaëtan Duval , leader de l'opposition anti-indépendantiste qui se rallie au gouvernement ...indépendant peu après 1967, créant ainsi les bases d'un consensus national dans la paix.
La fin examine ensuite les perspectives d'avenir pour les cinquante années à venir . Les principaux problèmes sont sériés : le déclin démographique (d'une extrême l'île Maurice est passée à une autre) , comment y faire face ? "Immigration" , plaide Jean Claude de L'Estrac tandis que Pierre Dinan semble pencher plutôt pour un encouragement de la natalité ...
La drogue, fléau des dernières années fait peur à l'universitaire intervenante, par la violence qu'elle engendre.
Le défi du développement durable est évoqué. Ce n'est pas dit ouvertement mais l'exemple Singapourien semble dans toutes les têtes "Faut-il continuer à bétonner pour développer à tout prix l'île? Les participants réfutent en bloc cette idée, privilégiant une île Maurice plus verte et propre. Quel carburant nouveau insuffler pour une développement avenir? Si certains intervenants soulignent " la panne des idées", d'autres évoquent le carburant culturel : Attirer les touristes en leur proposant un cadre culturel authentique et dépaysant, capable par ailleurs de redonner vigueur au mauricianisme.
Nombreux sont ceux qui insistent sur la globalisation (nous disons nous en France plutôt mondialisation) qui a fait sauter les derniers verrous du protectionnisme , mettant l'île en concurrence avec le monde entier, créant ainsi de nouvelles difficultés dont on ne mesure peut être pas encore tous les aspects.
Un passage important est aussi consacré au multiculturalisme et à ses limites . Les Mauriciens soulignent leur "multiculturalisme intérieur" fait d'éducation occidentale, de traditions orientales et de biens d'autres choses encore. M Oodhia conclut par le fait qu'il existe le melting point mais que Maurice se rapproche plutôt d'une salade composée où les différents ingrédients se mélangent tout en conservant leur spécificité. La force et les faiblesses du phénomène multiculturel sont bien mis en lumière.
Un film riche , à la fois nostalgique du passé et résolument tourné vers l'avenir. L'île Maurice est souvent vue par certains comme un laboratoire du développement économique et du multiculturalisme . A travers ce dvd , la démonstration est faite que le monde moderne et ses problématiques s'incarnent totalement sur cette petite île , raison de plus pour continuer à l'observer de près.
Merci pour la dédicace , qui nous fait souvenir combien cette commande, initialisée fin novembre 2018 , nous est finalement parvenue fin avril 2019 coincée entre les atermoiements de la librairie "Le Cygne" et les mystères insondables de la poste française.
mercredi 21 décembre 2016
mardi 2 août 2016
Alain Gordon-Gentil - L'incarné du voyage - Editions Vizavi - Port-Louis - Ile Maurice - 1996

Alain Gordon-Gentil auteur mauricien
Biographie du célèbre homme politique Gaëtan Duval, plus entretiens.
samedi 19 mars 2016
Alain Gordon- Gentil - J'attendrai la fin du monde - Editions Julliard - Paris - 2016
Alain Gordon-Gentil : auteur mauricien
Action : île Maurice au moment de l'indépendance en 1967, jusque dans les années 1970...
Des chroniques dans "Le Mauricien": ( sélectionnez le lien , avant de l'ouvrir)
http://www.lemauricien.com/article/j-attendrai-la-fin-du-monde-d-alain-gordon-gentil-confessions-intimes
http://www.lemauricien.com/article/present-au-salon-du-livre-paris-j-attendrai-la-fin-du-monde-gordon-gentil
Horace Baudelaire, descendant du célèbre poète, travaille au "Vigilant", journal anti-indépendantiste en 1967 au moment où se joue l'avenir de l'île Maurice. Il gagne bien sa vie à écrire des articles enflammés pour combattre le départ des Britanniques , alors qu'au fond de lui même il est favorable à l'indépendance. Cela le rend souvent malade au sens physique du terme.
Sa rencontre avec Ansaa , la fille du gouverneur britannique, métisse indienne, va pour quelques temps le sauver de l'impasse morale dans laquelle il se trouve. Ansaa ne conçoit la vie que charnelle ou spirituelle. Par contre l'engagement lui fait peur et quand Horace dans les années 70 , décide de s'engager dans le processus de réconciliation nationale initié par les deux anciens ennemis politiques devenus alliés (Ramnauth et Durenger) , Ansaa quitte Horace.
Comment ce dernier va-t-il réagir? Va-t-il sombrer? Rebondir? Trouver dans l'engagement un nouvel idéal?
En lisant le pitch de ce nouveau roman d'Alain Gordon-Gentil, nous nous attendions à approcher le souffle de la grande histoire: de l'indépendance aux premières années de lutte, d'échecs et d'espérances.(Tout juste y trouvera-t-on la peur panique ou calculée de certains créoles et franco-mauriciens face à "l'indianisation" annoncée du reste de la population).
Or le propos de l'auteur n'est pas celui-ci. C'est l'histoire d'un homme et d'une vie. L'utilisation de la première personne du singulier réduit le propos au point de vue du héros : Horace Baudelaire qui se cherche à travers ses idéaux, ses rêves, son envie d'amour, de richesse, de reconnaissance qu'il met en parallèle avec ses lâchetés au quotidien, ses renoncements voire ses trahisons.
Le parti-pris de réduire, ce qui aurait pu être une fresque épique, à la simple évocation d'un être en quête de lui même et du monde qui l'entoure , nous a au départ un peu mis sur la réserve.
Toutefois, c'est en lisant dans l'hebdomadaire "Le Point" du 24 septembre 2015, une interview de Régis Debray que nous avons pleinement apprécié ce roman.Le philosophe y dénonce la fin de tout ou partie des idéaux collectifs . Ce qui faisait bondir et réagir ainsi, le journaliste, Laurent Joffrin dans le journal "Libération" du 1er octobre 2015:
"...Debray a trouvé un dernier objet manquant : l’histoire, qu’il rebaptise d’un familier «Madame H.» Ainsi, cette maîtresse femme, qui a suscité tant de passions furieuses, aurait pris congé du monde. Aux émois collectifs, à la mystique du futur, aux élans patriotiques ou idéologiques, succède une planète angoissante et morose, shootée à la communication, où les classes très moyennes s’ennuient dans un Disneyland à peine francisé. Nous n’aurions plus de bonnes guerres, massacrantes à souhait, ni de révolutions bien sanglantes, ni de projets mirifiques, ni d’orages désirés. Nous vivons petitement dans une petite nation qui s’efface doucement dans le Grand Tout mondialisé, sous la férule bonasse de l’oncle Sam et de la tante Angela. Adieu drapeau, adieu parti, adieu avenir radieux, adieu lendemains qui chantent ou déchantent..."
Nous avons eu l'impression en lisant les propos de Debray et la critique de Joffrin que les aventures de Horace Baudelaire n'étaient rien d'autre que l'illustration d'un homme pris dans cet engrenage de la fin de l'histoire. Horace vit petitement dans une petite nation qui s'efface doucement dans le Grand Tout mondialisé. Shooté à la communication, terrassé par l'effacement des drapeaux, des partis, de l'avenir radieux, par le départ d'Ansaa, par la confrontation décevante de ses rêves à sa réalité quotidienne, Horace tangue , chavire, se noie et se sauve... jusqu'à la prochaine fois, jusqu'à ... attendre la fin du monde!
Lumineux et terriblement contemporain.
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